Ce que j'observe sur le terrain
Depuis avril 2025, j'interviens chaque semaine sur le site d'un établissement du groupe emeis, à raison d'une demi-journée par semaine. Sur près de 340 consultations, un constat revient sans cesse : les troubles musculosquelettiques (TMS) ne se présentent pas de la même façon selon le poste occupé. Le personnel administratif et le personnel soignant ne consultent pas pour les mêmes douleurs, et ce n'est pas un hasard.
Postes bureautiques
Côté bureautique : la lombalgie s'installe
Pour les salariés en poste administratif, le motif de consultation le plus fréquent est, de loin, la lombalgie. La cause est rarement un incident précis : c'est l'accumulation. Position assise prolongée, écran mal positionné, chaise inadaptée ou simplement peu réglée, manque de pauses debout dans la journée. Le corps compense, les tensions se logent dans le bas du dos, et la douleur finit par s'installer durablement si rien ne change dans la posture ou le rythme de travail.
Personnel soignant
Côté soins : l'épaule qui encaisse
Pour le personnel soignant, c'est une tout autre mécanique. Les douleurs d'épaule dominent, liées aux gestes répétitifs, au port de charges, aux mobilisations de patients et aux postures prises en hauteur ou en torsion. Contrairement au personnel administratif, l'effort est ponctuel mais intense et répété plusieurs fois par jour — ce qui use l'articulation différemment qu'une position statique prolongée.
Pourquoi ça change tout pour la prévention
Ce constat a une conséquence directe : une politique de prévention TMS uniforme, pensée pour "tout le monde", rate sa cible. Un atelier posture générique ne répondra pas aux besoins d'une équipe soignante, et des conseils de manutention ne changeront rien pour un salarié qui reste assis huit heures par jour. La prévention efficace part du poste réel, pas d'une fiche générique.
Pour les postes bureautiques
- Ajuster la hauteur d'écran et de siège pour garder le dos droit sans tension.
- Introduire des micro-pauses debout ou en mouvement toutes les heures.
- Travailler la mobilité du bassin et du bas du dos, pas seulement le renforcement.
Pour les postes soignants
- Revoir les techniques de mobilisation pour répartir l'effort sur tout le corps, pas seulement l'épaule.
- Alterner les tâches à risque entre plusieurs personnes quand c'est possible.
- Prioriser la récupération de l'épaule (mobilité, étirements ciblés) en dehors des heures de forte sollicitation.
Ce que ça implique pour une entreprise
Sur le terrain, ce sont les entreprises qui distinguent leurs populations de salariés — plutôt que d'appliquer une seule formule — qui obtiennent le meilleur taux de participation et les retours les plus positifs. C'est exactement ce que confirme le suivi mené depuis avril 2025 sur le site d'un établissement emeis (voir le cas client →).
La question à se poser n'est donc pas "faut-il faire de la prévention TMS", mais "quelle prévention pour quel poste".
Vous voulez évaluer les besoins spécifiques de vos équipes ? Discutons de votre contexte, de vos effectifs et du format le plus adapté.

